Les haines en moins de Eric Le Guilloux

 

Titre : Les haines en moins
Auteur : Eric Le Guilloux
Éditeur : Daphnis et Chloé
Date de parution : 2015
Pages : 304

 

Petites informations sur l’auteur/ le livre :

« Les haines en moins » est le premier roman de l’auteur Eric Le Guilloux.
C’est un éducateur spécialisé.

 

Esquisse :

« Papa… J’ai toujours trouvé ce mot étrange.
Ça sonne un peu comme une double détonation : Pan ! Pan !
Les haines en moins… »

C’est couché dans son lit d’hôpital que Sacha nous confie son histoire, sa vie. Le meilleur, comme le pire.
À 33 ans, Sacha est atteint d’une maladie orpheline lui dévorant le corps et l’esprit.
De fil en aiguille, il va nous permettre de découvrir le portrait d’un jeune homme ordinaire abîmé par la vie, qui rencontre au hasard des rues parisiennes deux femmes qui changeront sa vie.
La première femme (Françoise), patronne de bar de nuit haute en couleurs, fera de lui un fils.
La seconde femme (Betty), jeune artiste de Montmartre, fera de lui un père.
Zadig, son fils, fera de lui un homme.

Une ode à la paternité.

 

Critique :

Je remercie Babelio et les éditions Daphnis et Chloé pour cet ouvrage.

Nous débutons l’histoire avec les yeux de Sacha, notre narrateur de 33 ans, qui cloîtré dans son lit à la suite d’une maladie orpheline le tuant à petit feu, décide de se remémorer les parcelles de sa vie qui ont fait de lui ce qu’il est aujourd’hui.

Bercé par des parents peu soucieux de lui ou de son avenir, Sacha se forgera un caractère bien trempé et provocant, se sentant majoritairement impuissant.
Il n’a pas eu la vie facile, tentant à chaque fois de s’en sortir comme il pouvait.
L’introduction de sa vie nous fait penser qu’il se sent inutile, non désiré que ce soit dans sa famille ou par la société.
Pourtant, il rencontrera deux femmes qui changeront sa vie.

Françoise, cette femme au tempérament de feu, patronne d’un bar un peu chaud, lui permet de se relever et d’offrir à Sacha un semblant de maternité. Chose qui lui a souvent manqué.
C’est une femme à la grande bouche mais très tendre dans le fond.
J’ai apprécié ce personnage pour sa façon d’être, et le sentiment de sécurité qu’elle procure.

Betty, cette jeune artiste de Montmartre, il l’a rencontre en répondant à son annonce, afin qu’elle le dessine nu.
Si l’auteur a voulu en faire un portrait totalement antipathique, arrogante et névrosée, c’est totalement réussi.
J’ai détesté son personnage, et pas par la faute d’un manque d’explication ou de psychologie, au contraire. Je l’ai détesté pour ce qu’elle était et représentait.
Sur ce point, Eric Le Guilloux a fait fort. Il a offert au personnage de Betty une grande consistance, grâce à son écriture, et ses dialogues.

En ce qui concerne l’écriture global du roman, je dois avouer avoir parfois eu du mal avec certains passages, que je trouvais peut-être inutiles ou exagérés.
Les détails sont forts et quelque peu écœurants par moment. Toutefois, un usage trop poussé de vulgarité (sans réel utilité), me fait quelque peu grincer des dents.
Hormis ces quelques détails, je pense que ce livre a pour point fort ses personnages, qui sont bien travaillés.
La mère de Sacha par exemple, bien qu’elle soit peu exploitée dans ce récit, est une figure maternelle qui ne mérite pas toujours le nom de « Maman ».
C’est le genre de personne difficile à apprécier, quelque soit les raisons.

Malgré tout, j’ai eu du mal à me plonger totalement dans le roman, observant de loin la continuité.
Il est intéressant de découvrir la paternité, comment celle-ci est géré par ce jeune homme qui était tant perdu avant. Voir un père élever seul son enfant.
Cette naissance qui lui a permis de devenir un homme, de devenir utile, aimé en étant vraiment aimé.
Toutefois, j’ai trouvé que le début du roman traînait. Le sujet principal a mis, à mon goût, trop de temps à s’installer.

Et quant à la fin, je n’ai pas vraiment compris…
J’ai trouvé que cette fin n’avait pas sa place dans le contexte. C’est un événement qui arrive de façon brutal et de façon incompréhensible.
Peut-être n’ai-je pas su lire entre les lignes, ou peut-être n’ai-je pas été assez touché pour accepter cette fin improbable.

 

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