La fille du train de Paula Hawkins

 

Titre : La fille du train
Auteur : Paula Hawkins
Éditions : Sonatine
Pages : 2015
Date de parution : 2015

 

Petites informations sur l’auteur/ le livre :

« La fille du train » est le premier roman de Paula Hawkins. Elle est journaliste à Londres. Stephen King a, selon la quatrième de couverture de ce livre, adoré ce roman. Un film à été adapté au cinéma en 2016.

 

Esquisse :

Rachel prend le train deux fois par jour : le matin à 8h04 et le soir à 17h56. Chaque jour, elle est assise à la même place et chaque jour, elle observe lors d’un arrêt, une jolie maison en contrebas de la voie ferrée. Cette jolie maison, elle la connait par cœur à force de la regarder. Elle a même attribué un nom à ses occupants, qu’elle admire à travers la vitre du train. Elle les appellent Jason et Jess, et les imaginent comme un couple parfait, filant le parfait bonheur dans le meilleur des mondes. Un couple représentant tout ce qu’elle était, ce qu’elle voudrait être à nouveau. Elle en fait le portrait rêvé, se remémorant sa vie de couple avec Tom. La belle vie, avant que celui-ci ne l’a trompe avec une certaine Anna.

Rachel, elle en rêve encore de ce couple parfait et en dépit de sa vie misérable désormais, elle s’enferme dans cette bulle où elle imagine ce couple s’aimant envers et contre tous.

Tom et Anna sont désormais un couple, avec une petite fille (Evie). Ils n’ont pas changé de maison après le divorce, Tom a gardé cette maison, dans laquelle il a vécu des années durant avec Rachel. Par ailleurs, cette maison est situé à quelques pas de celle de de « Jason et Jess ».

Elle s’imagine toutes sortes de scénarios, leur métier, leurs habitudes… Rachel vit avec beaucoup de regrets. Après son divorce, celle-ci est contrainte de loger chez une « amie », dans une chambre et devient de plus en plus misérable, tentant d’oublier son mal-être en buvant de l’alcool, voulant trouver un quelconque refuge dans ses canettes de gin tonic, jusqu’à en perdre connaissance et parfois, la mémoire.

Un matin, Rachel découvre Jess dans son jardin avec un autre homme que Jason, un homme qu’elle n’a jamais vue auparavant. Jess trompe son mari ? Mais pourquoi ? Rachel est bouleversée par ce qu’elle a vu, et est en colère car cette vision détruit une nouvelle fois ses espérances. Son couple modèle (imaginée par elle-même) risque de se désintégrer tout comme le sien ; elle décide alors d’en savoir plus sur le couple en question.

Quelques jours plus tard, c’est avec stupeur qu’elle découvrira la photo de Jess dans le journal, en première page. La jeune femme, qui s’appelle en réalité Megan Hipwell, a mystérieusement disparu. Et son mari, qui s’appel Scott Hipwell, est bien évidemment le suspect numéro un de cette affaire.

Rachel va passer de spectatrice à actrice dans cette histoire. Elle plongera tête baissé, cherchant désespérément à aider pour retrouver Megan, à éclairer les zones d’ombres ou découvrir des faits qu’elle n’aurait jamais cru, et surtout, elle devra faire en sorte de combler les troues noires que lui ont infligé ses excès de boisson.

 

Critique :

Ce roman a reçu d’innombrables critiques dithyrambiques. Un nombre incalculable de personne avait ce livre et l’ont trouvé génial ! A tel point qu’il a été décrit comme un livre hors norme, doté d’une histoire incroyable et ainsi de suite… Ce roman a été tellement encensé, qu’il a même eu droit à une adaptation cinématographique. Et c’est à contrecœur que je me rend compte, une nouvelle fois, que je marche à contre-courant. Personnellement, je trouve que c’est un bon roman, mais ce n’est pas non plus une pépite ou une merveille littéraire. Comme quoi, il ne faut pas toujours se fier à l’avis général, tout les goûts sont dans la nature après tout.

Dans ce roman, nous auront plusieurs protagonistes, des chapitres consacrés à chacune d’entres elles ; Rachel, Megan et Anna. Ces trois femmes nous raconteront leur vie à la manière d’un journal intime, comportant des dates par exemple. D’ailleurs, il y a des changements d’années ou de dates selon les personnages et évidemment, je me suis parfois perdue dans le fil de l’histoire. De 2013 avec Rachel, nous passeront à 2012 avec Megan pour retourner en 2013 (il faut bien suivre sinon c’est la déroute).

Je dois avouer avoir trouvé les trois femmes souvent insipides, exécrables et dans l’excès. Ce qui a entraîné un manque d’attachement envers elles. Elles ont toutes (je crois) un petit plus attendrissants, mais tellement léger qu’il m’a été difficile de les aimer comme il se doit.

Rachel, c’est la femme que l’on prendrait comme modèle pour peindre l’échec, le désespoir et la perdition. Sa façon de s’imaginer la vie d’inconnu, de s’immiscer dans leur vie, de fantasmer, de vivre à travers eux la font un peu ressembler légèrement à une psychopathe. D’accord, en réalité, nous sommes tous un peu curieux et nous regardons parfois les gens, mais avec Rachel ça part très loin. Nous sommes au-delà du voyeurisme car son imagination façonne entièrement leur vie. Elle est perturbée et semble totalement perdue, elle vit dans l’angoisse constamment et se sent impuissante. A cause de son alcoolisme, elle est devenue repoussante et seule, rongée par la solitude, accumulant les erreurs d’ivrognes (messages d’harcèlement envoyés, appeler son ex-mari avec 3 grammes dans le sang), ayant pris de nombreux kilos, le visage rougi par la boisson, et n’hésitant pas à ouvrir son gin tonic dès le matin dans le train.

Anna, c’est une femme qui peut sembler dangereuse et qui pourtant, est d’une naïveté sans nom. C’est le genre à n’avoir aucun scrupule ni remord à coucher avec un homme marié, à faire semblant de s’en vouloir auprès de ses amies pour ne pas les choquer, mais qui en réalité, est heureuse de faire craquer un bel homme. Au fond d’elle-même, elle est fière d’avoir pris la place de Rachel. Anna la déteste, Rachel la révulse totalement et d’un côté, Anna l’a craint. En effet, Rachel peut sembler impulsive quand son sang se transforme en gin. Elle agit de façon curieuse et oublie la quasi totalité de ses actes. Anna se prétend donc fière d’avoir été « vainqueur » dans cette relation, et vit tout de même dans la crainte de Rachel, cette ex envahissante, mais demeure naïve quand il s’agit de tout le reste.

Megan, c’est la femme nymphomane à tendance bipolaire. Elle pourrait être heureuse si elle arrivait à trouver une stabilité dans sa vie, dans son couple. Mais voilà, Megan elle, veut du piquant et du renouveau. Elle aime plaire et se retrouve fière (comme Anna auparavant), quand elle fait craquer un homme grâce à ses charmes, elle aime avoir de l’emprise. Un jour elle sera contente de la vie qu’elle a et en sera heureuse. Mais le lendemain, elle deviendra morose, voulant tout plaquer et s’en aller les cheveux au vent dans les bras d’un nouvel amant. Elle manque donc cruellement de stabilité émotionnelle et se pose souvent trop de questions. Elle semble être éternellement insatisfaite. Megan est un mystère pour son entourage.

L’écriture ne varie pas vraiment selon le personnage, du moins, je n’ai pas trouvé de différences flagrantes dans leur façon de « parler ». Ce roman se lit tout seul de par sa simplicité de style. C’est tout de même assez répétitif, Paula Hawkins insiste beaucoup trop sur l’alcoolisme de Rachel et sur son amnésie. Alors par moment, le récit tourne en boucle. Mise à part ça, le court de l’histoire avance doucement pour arriver au dénouement final. L’histoire reste bien écrite malgré quelques imperfections et répétitions. Si vous avez lu beaucoup de polar vous comprendrez peut-être rapidement le fin mot de l’histoire car c’est tout de même cousu de fil blanc. J’ai pu comprendre rapidement qui était le coupable (malheureusement), ce qui a donc gâché mon suspense. Mais se laisser prendre au jeu reste agréable et divertissant.

Après avoir refermé le livre, j’ai eu quelques interrogations. Il m’a semblé qu’il manquait des réponses. Notamment au sujet d’un personnage qui est intégré au second plan dans l’histoire, celui-ci semble prendre de l’importance mais au final, ne servira à rien. Ça m’a donné l’impression que ce personnage a été posé ici tel un bibelot, ou que l’auteur ne savait pas vraiment quoi faire de lui au bout du compte. Il est aussi utile qu’un crayon blanc.

Ce livre a un potentiel qui n’est pas suffisamment exploité à mon goût, et c’est bien dommage ! Car il y avait de quoi faire encore mieux.

La fille du train est donc une lecture agréable, mais qui ne casse pas trois pattes à un canard non plus. A mes yeux ce n’est pas une pépite littéraire, mais ça reste un bon livre, avec une histoire bien pensée et des personnages tout de même hauts en couleur. Mais malheureusement, pour un thriller, il ne m’a pas fait beaucoup frissonné ou fait peur.

 

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