Au cœur de Daesh avec mon fils par Laura Passoni et Catherine Lorsignol

 

Titre : Au cœur de Daesh avec mon fils
Auteur : Laura Passoni et Catherine Lorsignol
Éditions : La boîte à Pandore
Pages : 200
Date de parution : 2016

 

Petites informations sur l’auteur/ le livre :

Laura Passoni est d’origine italienne, elle est née en Belgique. Suite à sa radicalisation, elle a été jugée et condamnée. Elle témoigne à visage découvert malgré les risques, et à beaucoup de mal à reprendre une vie normale, comme avoir du travail ou retrouver son autorité parentale. Elle souhaite faire le tour des écoles afin de dénoncer les atrocités et les mensonges de l’EI.

 

Esquisse :

Le 22 mars 2016. Pour la Belgique, cette date maudite est celle de l’attentat la plus meurtrière qu’elle ai connu. Pour Laura, c’est la veille de son jugement. Elle a rejoint la Syrie avec son fils de 4 ans (Nassim), avec l’espoir et la naïveté d’avoir un mari fidèle, de vivre une vie de femme au foyer et de pouvoir vivre pleinement sa religion, comme elle l’entend. Elle a cru aux belles paroles et aux promesses irréalisables.

Dans les années 2000, Laura a alors 15 ans. Elle a une amie d’enfance (Leïla) qui est musulmane. Elle est intriguée et admire la religion musulmane, ainsi que la culture de cette famille marocaine. Ses parents étant concentrés sur les troubles alimentaires de sa sœur, ils ne se rendent pas compte des changements de Laura. Elle se convertie à l’islam à l’âge de 16 ans.

A 19 ans, elle tombe follement amoureuse d’un homme, Mohammed. Une partie de son rêve se réalise, elle qui désire vivre une petite vie tranquille avec un mari et des enfants, la voilà qui tombe enceinte de Nassim. Malheureusement, tout n’est pas si rose et leur couple va rapidement connaître plus de bas que de hauts. Elle se sent seule. Mohammed refuse de reconnaître son enfant car il est issu d’une relation hors mariage, et craint que ses parents le renie. Ils vont finir par se séparer, pour d’autres raisons plus évidente. Laura, désemparée, va se renfermer sur elle-même, dans sa routine et sa tristesse elle finit par naviguer sur des sites de l’EI. Elle s’intéresse de près à Daesh. Pourtant, elle ne se mettra pas au courant des atrocités et horreur que propagent Daesh…

C’est avec un faux compte facebook (Nora la convertie) qu’elle va faire la connaissance d’Oussama. Les deux vont très vite se rencontrer et parler de l’EI, ainsi que leur volonté de servir Daesh (pour les bonnes causes revendiquées) et de vivre une vie heureuse en Syrie. Les deux tourtereaux se mari très rapidement (au bout d’un mois environ) et en petit comité. Les parents de Laura n’ont jamais vu Oussama. Pour lui, ce ne sont que des mécréants (car ils ne sont pas musulmans).

Ils se décident à partir par le biais d’une croisière le 14 juin 2014. Bien évidemment, les parents de Laura ne sont au courant de rien. Pour arriver enfin en Syrie, ils devront passer par toute sorte d’endroits dangereux, être stressés en permanence. Les voilà foulant les terres. Les passeurs et les hommes sont armés de Kalachnikov et de ceinture explosive. Ses illusions vont donc s’estomper très rapidement, elle qui croyait aux belles paroles… Elle se retrouve dans une madafa (maison pour femme) ou elle rencontrera plusieurs personnes d’origines diverses. Laura se fera appeler Oum Nassim Al-Belgiki, ce qui signifie « Mère de Nassim de Belgique ». Oussama lui, sera directement envoyé dans un camp d’entraînement, afin de subir l’endoctrinement et la maniement des armes.

Elle verra plusieurs lieux, la guerre, la haine de certains et certaines, la peur constante…

Comment a-t-elle pu ne pas être au courant de ce qu’il se passait réellement avec Daesh ? Comment a-t-elle pu épouser un homme sans le connaître ? Pire encore… Comment Laura a-t-elle pu embarqué son fils de 4 ans dans un voyage si périlleux, dans une région dévasté par la guerre ?

 

Critique :

J’ai été très mitigée durant ma lecture. Le but premier de ce livre et de dénoncer et de mettre en avant les mensonges de Daesh, ce qui est une bonne initiative et une bonne prise de conscience. Pourtant j’ai eu beaucoup de mal à comprendre et digérer la naïveté de cette jeune femme. C’est un témoignage nécessaire, mais qui m’a enragé à plusieurs reprises.

Laura Passoni répond parfaitement aux critères de l’EI. Pourquoi ? Tout simplement car elle rêvait de pouvoir vivre de sa religion comme elle l’entendait, sans les regards en biais ou les barrières imposés. Elle rêvait d’avoir un mari fidèle et de pouvoir vivre dans une belle maison avec ses enfants, ce qui était par ailleurs promis. Elle avait un rêve plutôt basique et a cru aux belles paroles. De plus, elle était dans une détresse absolue suite à sa séparation. Elle était donc dans une position parfaite pour l’EI, celle de la faiblesse et de la rancœur. Mais aussi de la naïveté.

J’ai à plusieurs moments serrés les dents durant ma lecture. Qu’une personne se mari avec quelqu’un qu’elle ne connait pas, grand bien leur fasse. Mais qu’une mère parte tête baissé dans une région en guerre, auprès d’un groupe terroriste dont elle ne connait absolument rien avec son enfant, me parait absurde et inconcevable. C’est purement personnel, mais je ne vois pas comment il est possible de s’embarquer dans un bourbier pareil sans se renseigner, s’informer mieux. Il me semble logique de faire attention à nos actions, nos départ surtout avec un enfant !

On connait Daesh depuis un bon moment maintenant, surtout grâce à internet. Laura passait son temps à naviguer durant sa période de tristesse. Elle a regardé des vidéos de propagande, des images bienveillantes, les hommes sont proclamés comme des héros, combattant pour le peuple. Mais pourtant… L’envers du décors est tout autre, et Laura n’a apparemment rien vu. Elle n’a regardé que les « bons » côtés. Ce que la propagande veut bien montrer. Elle n’a pas cherché plus loin et avec toute la naïveté d’une enfant, est partie. A première vue, ça parait inconcevable et irrationnel, et pourtant c’est ce qu’il s’est passé !

Elle s’est rendue dans quelques villes mais principalement à Raqqa, qui est devenu en 2014 la capital du Califat Abou Bakr Al-Baghdadi. La charia est d’application malgré la « modernité » de la ville.

Au fur et à mesure Laura va ENFIN (et un peu tard) ouvrir les yeux sur l’horreur de vivre au sein de Daesh. Les enfants sont généralement entraînés avec des armes à feu à partir de 8 ans, et peuvent partir au front à l’âge de 12 ans. pour faire simple : les garçons sont des futurs soldats. Les femmes sont là pour la procréation, créer des futurs soldats. Elle a rencontré plusieurs personnes, de toutes les origines. Beaucoup de femmes avait la rage, la haine, et désirait partir combattre ou mourir en martyr. Laura a d’ailleurs souvent subi des moqueries car celle-ci avait peur de mourir, ou de voir mourir Nassim. Cette peur faisait rire les autres car ces femmes étaient fières de mourir comme cela, la mort ne leur faisait pas peur, elles étaient là pour ça.

Les conditions de vies sont très strictes et plutôt difficiles à gérer. Ne pas sortir, être surveillé en permanence… Si Laura a pu revoir sa famille c’est surtout grâce à son mari. Honnêtement, sans lui, je pense qu’elle et son fils n’aurait jamais pu quitter la Syrie. Car Oussama a lui aussi compris ce qu’il se passait réellement et n’approuvait pas ce terrorisme. Leurs illusions sont tombés à l’eau, ils leur fallait partir au plus vite. Ils ont pu se sauver tout les trois, mais retrouver une vie normale après ça est une autre épreuve difficile à passer.

Un livre tout de même intéressant, mais qui m’a laissé un sacré goût amer dans la bouche…

 

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