1984 de George Orwell

 

Titre : 1984
Auteur : George Orwell
Éditions : Gallimard
Pages : 416
Date de parution : 1972

 

Petites informations sur l’auteur/ le livre :

« 1984 » est paru pour la première fois en 1950. George Orwell s’appel en réalité Eric Arthur Blair. Il a servi dans la police impériale des Indes, en Birmanie. Il revient en Europe et tente de vivre de sa plume. Il vit à Paris et mène une existence de clochard, puis va en Angleterre, comme professeur. Il s’est servi de ses mésaventures et du monde dans sa globalité pour écrire ses livres. Il a beaucoup voyagé dans sa vie. Il meurt de la tuberculose en janvier 1950 dans une clinique de Londres. Il dénonce dans ses publications les désordres politiques du XXème siècle, les dérives du totalitarisme et les dangers des manipulations par la pensée.

 

Esquisse :

Winston Smith (notre personnage principal) a 39 ans. Il vit à Londres ( en Océania) où il travaille pour le Parti dans le ministère de la Vérité. Dispersé un peu partout dans la ville, des affiches montre un homme portant une moustache noir, qui vous fixe du regard. Dessous, la (fameuse et célèbre) légende est marqué : Big Brother vous regarde. Cet homme est partout, il semble vous suivre où que vous alliez. Winston débute un journal, afin de retranscrire ce qu’il se passe. Mais il doit surtout le faire en cachette, ne pas se faire repérer. Essayer de réfléchir par soi-même est dangereux. Il va finir par réussir à rencontrer un autre membre du Parti, une jeune femme nommée Julia. Tout deux partagent les mêmes convictions et idées. Le Parti doit être détruit…

Nous entrons dans un monde où énormément de choses ont changés. Que ce soit les droits et devoirs des citoyens, les noms des « continents », les lois, la vie en général. Dans ce monde totalitaire, vous êtes surveillés en permanence, de jour comme de nuit, dans la rue comme dans votre lit. Vos propres pensées sont écoutées et analysées par la Police de la Pensée. Il est impossible de savoir exactement QUAND vous êtes surveillés, alors il faut être vigilant à chaque seconde qui passe.

Océania et le Parti ont un ennemi commun ; Emmanuel Goldstein. Il est l’ennemie du peuple, c’est un traître. Vous êtes obligé de le considérer comme un traître, de le huer et de l’insulter quand le télécran affiche son visage et attise la haine. Il s’est engagé dans une activité contre-révolutionnaire, a voulu détruire le Parti. Il fût condamné à mort pour ses acte mais il semble avoir disparu dans la nature et crée un groupe contre le Parti : La Fraternité.

Le Parti est au pouvoir. Ce sont eux qui dirige Océania. Il comporte des membres du Parti supérieur (qui ont beaucoup d’avantage), du Parti extérieur (qui n’ont pas vraiment d’avantage) et en dehors de ça, il y a les prolétaires. Des gens pauvres considérés ni plus ni moins comme des parias, des moins que rien. Dans le Parti, 4 ministères se partagent le gouvernement :

Le ministère de la vérité s’occupe des divertissements, de l’information, de l’éducation et des beaux-arts.

Le ministère de la Paix s’occupe de la guerre.

Le ministère de l’Amour veille au respect de la loi et de l’ordre.

Le ministère de l’Abondance est responsable des affaires économiques.

En novlangue (la nouvelle langue de Océania qui change constamment), leurs noms sont ; Miniver, Minipax, Miniamour, Miniplein. Dans ce monde, il y a aussi des télécrans  (caméras et micros) presque partout, même chez vous. Il ne s’éteint presque jamais et permet de surveiller avec aisance la population et de les reprendre si besoin est.

C’est un monde merveilleux oui. Un monde qui vous conditionne et vous façonne à son image. Un monde où tout est falsifiés mais improuvable. Les livres sont détruits ou réécrits. Ne pensez pas à mal et ne critiquez pas le Parti sous peine d’être arrêté, de disparaître, ou de mourir. Faire l’amour est interdit, et ne regardez pas ceux qui vous entourent. Contrôlez vos pensées et surtout, croyez le Parti même si cela pour paraît absurde. Si le Parti vous dit que 4+4 font 5, c’est que c’est forcément vrai. Vous n’avez pas le droit de penser différemment d’eux. Vous devez suivre le mouvement. Le Parti a le pouvoir de détruire le passé, donc de changer le présent et par conséquent le futur. S’ils détruisent le nom d’une personne, alors, cette personne n’a jamais existé, et vous ne devez jamais vous rappeler qu’elle a un jour vécu (ce sont des nonêtres). Devenez simplement une marionnette.

Ils vous surveillent. Ils vous écoutent. Big Brother vous regarde.

 

Critique :

Ce roman est une pépite cultissime. Aujourd’hui, presque tout le monde connait 1984, ou du moins le fameux slogan « Big Brother vous regarde ». On pense d’ailleurs très souvent à cet emblème quand on parle de vidéosurveillance et de sécurité renforcée.  Pourtant, il est dommage de ne penser uniquement qu’à cela quand on parle de ce roman ou de George Orwell.

On ressent facilement que George Orwell s’est inspiré des régimes totalitaires de l’époque tel que le nazisme ou le stalinisme. Cette époque sombre où la pensée se devait être commune, où les propagandes fusaient de tout les côtés, où le peuple était surveillé, rationné mais aussi en guerre constante. Pourtant, nous ne parlons pas de racisme dans ce récit. Il n’y a pas de caractéristique propre pour cela, les ethnies sont transparentes. Il y a seulement des groupes de personnes supérieurs aux autres, qui croient dur comme fer au Parti, à Océania, à Big Brother et tout ce que cela implique. Et pour eux, il n’est pas possible que des personnes pensent différemment ou puisse ne pas aimer leurs idéaux. Ils réinventent même une langue nouvelle (le Novlangue) afin de supprimer des mots qui leur semblent dérangeants. Avoir une nouvelle langue commune leur permet d’avoir un meilleur impact, et une meilleure emprise sur la population.

Ce que j’ai beaucoup aimé dans ce roman c’est la proximité de la réalité, toute proportion gardé. Encore aujourd’hui, l’histoire semble coller avec notre génération. Il suffit de voir dans certains pays, ou certains groupes, les idéaux qu’ils tiennent à garder et à protéger, celles qui doivent devenir pensée unique. Pour cela, je pense que 1984 est un roman qui ne peux pas vieillir, tout simplement car il est d’actualité et reflète une réalité.

George Orwell a incorporé beaucoup de détails, beaucoup de recherches pour nous plonger totalement dans ce triste monde. La vision terrifiante d’un monde totalitaire, sous surveillance constante. Parler dans votre sommeil peut même s’avérer dangereux, vos propres enfants peuvent vous dénoncer à la Police de la Pensée pour trahison par exemple. Imaginez simplement vivre comme ça. Devoir se contrôler jour et nuit, devoir chasser ses mauvaises pensées, rester continuellement à l’affût et faire attention à vos faits et gestes. De plus, ce qui est intéressant c’est la folie de croire que certains ont une foi total en ce Parti. Le passé est souvent détruit ou réécrit, et vous n’avez d’autres choix que d’y croire et d’accepter. C’est un façonnage complet de la population, la destruction de la pensée, la manipulation massive. Difficile d’imaginer vivre dans de tel condition et pourtant, de près ou de loin, ça existe bel et bien. Aucun élément ni témoignage ne peut démontrer les faits, les personnes dérangeantes finissent toujours par disparaître.

Les enfants eux, grandissent dans ce monde avec la conviction que tout est normal. Grandir dans un tel environnement semble évidemment être dans la normalité. Océania les a habitués à toute forme d’atrocité, les a tellement formatés dès la naissance que beaucoup d’enfants supplient leurs parents de les emmener « admirer » la pendaison publique d’un traître. Les parents se mettent à craindre leurs propre enfants.

Mise à part ceux qui aiment (voir adorent) le Parti et Big Brother, les autres semblent vivre dans une prison autant physique que psychologique.

La plume d’Orwell est saisissante et moderne ! Il manie les mots avec aisance et nous fait ressentir la peur et la frustration de vivre dans un monde dirigé, ordonné, enfermé et surveillé. Orwell pointe les problèmes de la société, et s’il était encore là, je pense qu’il en aurait des choses nouvelles à écrire… La trame suit son court à une très bonne allure, le rythme ne se perd jamais.

Un livre à lire au moins une fois dans sa vie.

 

One Reply to “1984 de George Orwell”

  1. En définitive, quel que soit le temps de sa narration (une nouvelle traduction utilisant le présent vient d’être publiée), « 1984 » reste une des meilleures dystopies jamais écrites, un récit glaçant car tout un chacun sait qu’il ne faudrait pas grand-chose pour que le monde qui y est décrit devienne réalité…

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