La camionnette blanche de Sophie Knapp

 

Titre : La camionnette blanche

Auteur : Sophie Knapp

Éditeur : Petit à petit

Pages : 80

Date de parution : 2017

 

Petite information sur l’auteur/le livre :

« La camionnette blanche » est le premier roman de Sophie Knapp. La parution originale date de 2009. Sophie Knapp est diplômée de l’Ecole nationale supérieure des arts décoratifs et d’un master de sociologie obtenu à l’EHESS. Elle a débuté par un documentaire pour l’émission « Strip-Tease » sur France 3, avant de travailler pour plusieurs émissions, comme monteuse ou journaliste. Elle est l’auteur de plusieurs documentaires radiophoniques. Elle a aussi enseigné la sociologie de la famille auprès de travailleurs sociaux et été médiatrice familiale en prison. Aujourd’hui, elle est rédactrice et photographe pour un magazine sur l’aménagement du territoire et chargée de cours à l’université de Paris-8.

 

Esquisse :

Clémentine est une jeune fille de 11 ans, qui est actuellement au collège. Elle grandit et évidemment, elle aimerait avoir droit à sa liberté, gênée par la présence de sa mère devant son école, elle souhaite donc rentrer seule chez elle, goûter à cette délicieuse forme d’indépendance. C’est donc une jeune fille qui a une vie basique, jusqu’à un certain lundi, où son prof de français est absent. Elle se retrouve donc à sortir  plus tôt du collège et à rentrer seule chez elle bien évidemment, elle qui tient tant à cette forme de liberté. Malheureusement, ce lundi changera sa vie, chamboulera sa psychologie.

Alors qu’elle est sur le chemin du retour, Clémentine aperçoit une camionnette blanche stationnée. L’homme l’interpelle, l’appelant « mademoiselle » à plusieurs reprises. Elle ne regarde que quelques secondes, et comprend ce que fait cet homme dans sa camionnette. Ses yeux dérivent vers le bas et elle découvrent alors une image qui va la choquer. L’image d’un homme s’exhibant, ces gestes de vas-et-vient incessants. Clémentine va continuer son chemin en faisant mine de ne pas entendre cet homme qui l’appelle encore, puis elle finit par courir jusqu’à chez elle.

Cette image l’a tellement choqué qu’elle se referme dans un profond mutisme et une angoisse palpable. Elle ressent une forme de honte et de gêne, de peur surtout. Ces choses qui font qu’elle n’arrive pas à en parler que ce soit à ses parents, des amies ou à ses professeurs. Elle n’ose pas. En parler serait y repenser, y repenser serait accepter ce qu’il s’est passé.

Traumatisée par cette image, Clémentine s’engouffrera dans une spirale infernale, tentant de faire des plans pour éviter à tout prix de revoir cette camionnette blanche.

 

Critique :

Je remercie les éditions Petit à Petit ainsi que Babelio pour cet ouvrage.

Ce livre est un tout petit roman de 80 pages, qui vise des lecteurs assez jeunes (à partir de 10-11 ans). Il se lit très facilement et très rapidement donc.

Pour se fondre dans la peau de cette jeune fille, nous incarnerons directement Clémentine. Le roman est donc à la première personne. L’écriture est très simpliste, mais est appropriée pour la tranche d’âge visée. Pourtant, j’ai parfois trouvé que certaines phrases étaient trop concises. Les événements s’enchaînent très rapidement.

C’est un roman qui permet aux jeunes de comprendre mais surtout ressentir le fond de ce sujet sensible, ce que l’on ressent quand on a affaire à ce genre de mésaventure. Une simple seconde peut tout perturber. La psychologie de Clémentine sera chamboulée bien évidemment, car elle a aperçu quelque chose de malsain. Certes, cet homme ne l’a pas touché avec ses mains, mais il a pu la toucher par l’esprit en la choquant. Bien évidemment, suite à ça, Clémentine s’imagine toute forme de chose, devient de plus en plus angoissée et peureuse envers tout ce qui l’entoure. Elle va même en devenir parano par moment. Mais surtout, elle se renferme dans un mutisme, dans une bulle. Les mots sont pourtant au bord de sa bouche, mais se refusent à sortir.

De plus, les adultes n’arrivent même pas à décrypter la peur sur son visage, et voir que quelque chose ne va pas chez Clémentine depuis quelques temps. Les adultes ne remarquent rien ou refusent de voir, ce qui compliquent bien plus le fait d’en parler avec eux.

Ce livre se base donc sur les conséquences de ce choc, ce traumatisme qu’elle a subit dû à cette agression. Je pense qu’il est utile d’en parler auprès des jeunes, de ce sujet si délicat qui pourtant n’est pas nouveau. Car il existe bel et bien des exhibitionnistes qui détruisent psychologiquement/ mentalement des personnes.

Pour ma part, je trouve que ça manque pas mal de détails physiques au niveau de nos protagonistes, qui pourraient les rendre encore plus réels.

Un bon roman jeunesse avec un sujet abordé avec subtilité.

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