Brûlée vive de Souad et Mary-Thérèse Cuny

 

Titre : Brûlée vive

Auteurs : Souad et Mary-Thérèse Cuny

Éditeur : Pocket

Pages : 224

Date de parution : 2004

 

Petite information sur l’auteur/le livre :

Souad est un pseudonyme afin de cacher sa réelle identité pour éviter toutes reconnaissances ou représailles. Elle a écrit avec l’aide de Mary-Thérèse Cuny son premier livre « Brûlée vive« , afin de de témoigner et dévoiler l’horreur des crimes d’honneurs qui sont impunis et tolérés dans certains pays.

 

Esquisse :

Ceci est le témoignage de Souad, cette jeune femme qui a été brûlée vive pour avoir commis ce que l’on appel un déshonneur. Pour cela, elle subira donc un crime d’honneur.

Un crime d’honneur est un assassinat envers les jeunes femmes soupçonnées de ne plus être vierge, d’avoir flirté, d’avoir déshonoré le nom de la famille. C’est une atrocité qui est tolérée comme étant une coutume et non un crime dans de nombreux pays. Salir le nom et la réputation de sa famille équivaut à signer son arrêt de mort.

L’histoire se déroule dans une petite région de la Cisjordanie, un coin déchirée par la guerre entre la Palestine et Israël, et qui a un code très stricte concernant surtout les femmes. Une femme ne doit pas regarder un homme dans les yeux, elle doit regarder ses pieds et avancer toujours tout droit, elle ne doit pas s’exprimer, elle doit être irréprochable sous peine de subir toute sorte de châtiment.

Nous traverserons les souvenirs, parfois brumeux de Souad concernant sa jeunesse. L’horreur d’être une femme, la peur perpétuelle, la honte sans raison […].

Souad a 17 ans quand elle tombe amoureux de son voisin, Faiez. Ce jeune homme, elle l’observe tout les jours en s’imaginant être dans ses bras, dans sa voiture, devenir sa femme pour échapper à la tyrannie de son père. Elle aura quelques stratagèmes pour pouvoir le voir en cachette et lui parler, lui dire qu’elle souhaiterai se marier avec lui. Dans l’euphorie de cette nouvelle sensation que l’on appel l’Amour, elle lui offrira sa virginité. Malheureusement, Souad tombera enceinte, et pour camoufler cet acte « impure », il lui promet d’aller demander sa main à son père, tel l’exige la tradition.

Faiez n’ira jamais demander la main de Souad et disparaîtra simplement. Bien évidemment, son ventre va commencer à grossir petit à petit, et son entourage se rend rapidement compte qu’elle attend un enfant. Pour cet affront, son  beau-frère sera désigner pour être celui qui mettra un terme à sa vie.

Un jour où Souad s’occupe des tâches ménagères habituelles, son beau-frère viendra près d’elle pour l’asperger d’essence et l’embraser. Elle sera alors dangereusement brûlée, proche de la mort. Son enfant survivra à cela et naîtra en bonne santé. Quant à Souad, elle sera sauvée in-extremis par une femme qui travaille dans une fondation humanitaire.

 

Critique :

C’est un livre bouleversant qui pointe du doigt ces crimes d’honneur jugés comme étant de simples coutumes (purement barbare), tolérés ou cachés.

Pas d’amalgame, ceci n’a strictement rien à voir avec l’Islam. Ce sont les hommes qui en ont fait un acte normal.

Souad nous parle donc de sa jeunesse, où du moins de ce dont elle se souvient car ses souvenirs sont parfois flous voir inexistants. C’est avec difficulté que l’on entre dans sa vie maussade, dans la vie de la majorité des femmes vivant dans son village. Là-bas, les femmes sont jugées comme étant des sous-êtres, des personnes inutiles sauf pour servir et mettre au monde des garçons.

Elle a assisté à énormément d’atrocités. La violence est tout à fait normale. Que ce soit un père, un frère ou un mari, ils ont le droit de frapper ou tuer les femmes. Il arrive parfois que des femmes partent pour échapper à leur bourreau, mais elles sont la plupart du temps renvoyées directement chez elle. On ne se mêle pas de la vie des autres, on regarde ailleurs en général.

Pourtant, c’est injuste. Oui, Souad le dit. Naître femme dans sa région du moins n’est pas une bénédiction. Accoucher d’une petite fille non plus par ailleurs. Une femme coûte de l’argent et n’est pas utile, elle a d’ailleurs assister à des infanticides, et a failli mourir à de nombreuses reprises.

Elle en est sorti indemne par miracle. Le jour où elle a pris feu, des femmes n’ont pas détournés le regard au contraire, elles ont su l’aider du mieux qu’elles le pouvaient. Son séjour à l’hôpital a par ailleurs était une véritable mascarade. La plupart étant méchant(e)s, l’hygiène déplorable et les conditions très pauvres. En réalité, c’était à croire qu’on la laissait mourir volontairement. Elle et son bébé ont pu partir et s’en sortir. D’autres n’ont pas eu cette chance…

C’est un livre difficile à lire mais qui ne devrait pas rester caché ou disparaître. Mourir pour avoir sois-disant sali la réputation de sa famille est un infamie et pourtant cela existe toujours. Attention aux âmes sensibles, car les détails et les faits sont sordides. Pourtant, il est important d’ouvrir les yeux.

Souad est une femme que je ne connais pas, mais que je respecte pour son courage, pour continuer à vivre dans un danger perpétuel la tête haute.

  • Souad est apparut (visage cachée bien entendu) sur un plateau télé pour témoigner.

https://www.youtube.com/watch?v=IU_NkibVlIU

 

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