La vérité sur Alice de Jennifer Mathieu

 

Titre : La vérité sur Alice

Auteur : Jennifer Mathieu

Éditeur : Pocket Jeunesse

Pages : 224

Date de parution : 2016

 

Petite information sur l’auteur/le livre :

« La vérité sur Alice » est le premier roman de Jennifer Mathieu, qui est sortie en 2014.

 

Esquisse :

Dans les murs du lycée de Healy, dans une petite ville du TexasAlice Franklin va vivre petit à petit un enfer qui va la poursuivre dans toute la ville.

Elle obtient une mauvaise réputation suite aux rumeurs d’une foule d’étudiants, qui ne se gêneront pas pour raconter toute sorte d’atrocités sur sa personne, et sur ce qu’elle aurait fait. Sur les murs du lycée, plus précisément dans les toilettes pour filles, une cabine a été prise d’assaut par des jeunes hyènes assoiffées de mesquinerie, qui s’amusent à taguer à l’encre indélébile des phrases salaces ou insultes visant la personne d’Alice. Ces toilettes porteront le jolie nom de « toilette de la Honte« . Alice qui dépérit à petit feu, va changer de style et arborer des vêtements informes et le sweet à capuche continuellement, comme si elle désirait disparaître.

Alice est une très jolie fille. Mais elle est surtout réputée pour être une traînée, la garce du lycée et une meurtrière. Si tout le monde le dit, est-ce forcément vrai ? Tout le monde a sa propre vérité sur Alice. Quelle sera la vôtre ? Pour cela, nous aurons (sans compter Alice), quatre protagonistes qui raconteront diverses choses et leurs pensées sur cette jeune fille.

Elaine O’Dea à d’emblée deux choses à nous dire. Alice a couché avec deux garçons d’affilé sous son toit. Ensuite, un garçon très populaire nommé Brandon Fitzsimmons est décédé dans un accident de voiture, et ce serait la faute d’Alice. Bien entendu, tout le monde au lycée et dans la ville sait ça. Cette jeune Elaine est semble-t-il très belle, et très populaire. Cela n’empêche pas qu’elle éprouve une hostilité envers Alice. Mais pourquoi au juste ?

Kelsie Sandes est la meilleure amie d’Alice. Durant la fameuse soirée où Alice aurait couché avec deux garçons, Kelsie n’était pas présente. Malgré tout, elle a très rapidement reçu des messages de personnes, faisant tourner la rumeur. Kelsie n’était pas vraiment une fille populaire avant, dans son ancien lycée, c’est plutôt le genre très sage et de très bonne famille religieuse qui était souvent seule à la cantine. Mais plus aujourd’hui. Maintenant que sa meilleure amie est devenue une traînée, sa réputation à elle ne risque-t-elle pas d’en prendre un coup ? Elle se refuse d’être seule à nouveau, ou d’avoir une mauvaise image en traînant avec la nouvelle bête de foire. Que fera-t-elle alors pour soigner sa propre image, et devenir autant populaire que les autres filles ?

 Josh Waverly est le meilleur ami de Brandon. Le soir du tragique accident qui a conduit à un aller sans retour, il était présent dans la voiture. Des enquêteurs vont venir le voir pour savoir le pourquoi du comment. Comment ont-ils eu un accident ? Ils pensent en premier lieu à l’alcool qui était présent dans le sang de Brandon. Mais ce n’est pas tout, car Josh accuse Alice de l’avoir harcelé par téléphone. La jeune fille lui envoyait sans cesse des « sexto » (SMS à caractère sexuel) concernant la fameuse soirée et autre chose salace qu’elle souhaiterait lui faire. Mais est-ce bien vrai ?

Kurt Morelli est le jeune homme étrange qui est très souvent laissé de côté à cause de son côté glauque et de son intelligence supérieur. De toute manière, Kurt ne voit pas beaucoup d’intérêt à avoir une vie sociale comme la plupart des autres, mise à part ressentir de l’angoisse, ça ne lui apporte rien de plus. Il est orphelin depuis l’âge de cinq ans. Il est bien entendu au courant des rumeurs qui court sur Alice, pourtant ça ne semble pas l’atteindre. Au contraire, il est fasciné par elle et ne peut s’empêcher de l’observer. Tandis que tout le monde la délaisse et se moque d’elle, Kurt va lui proposer son aide en maths afin de se rapprocher d’Alice. Pourtant, Kurt cache un secret bouleversant…

 

Critique :

Tout d’abord, pour présenter la forme du roman, les chapitres sont découpés par différents personnages. Chacun a donc sa propre vérité (et sa propre vision) sur Alice. Les points de vues vont donc varié, nous laissant face à la vision de chaque protagoniste. C’est donc une manière très intéressante de voir les choses, d’un point de vue extérieur. Il n’y a qu’un chapitre où Alice nous parlera. J’aurais voulu en apprendre plus sur les ressenties d’Alice tout au long de l’histoire, au fur et à mesure que les rumeurs prenaient de l’ampleur.

C’est une dénonciation sur le harcèlement et les injustices qui règnent et persistent encore de nos jours, et pas seulement dans les cours de récréations.

Au fil des pages, nous sommes en suspend, car les personnages promettent de nous annoncer plusieurs choses inavouables, des secrets difficilement acceptables. Suite à ces rumeurs (qui ne font qu’augmenter), plusieurs personnes vont changer de comportement. Bien évidemment, Alice souhaite s’en défendre mais malheureusement, le pouvoir du nombre est puissant. Il suffit que plusieurs personnes disent la même choses pour que ça en devienne une vérité absolue. Le comportement d’Alice va radicalement changer car elle semble impuissante face à ce troupeau de moutons qui ne font que répéter des horreurs. Certains sont même dotés d’une grande hypocrisie. Pour ne pas être jugés, il est préférable pour eux de s’écarter d’Alice, qui est devenue la pestiférée. Plutôt mourir que d’être rejeté, de plus avoir une ennemie commun rapproche.

Pourtant, concernant la « raison » qui a fait d’Alice une pestiférée (pour rester polie), est tout bonnement ridicule et immature. Peu importe que cette jeune fille ai fait des choses ou non, qu’elle ai une vie sexuelle active ou pas, chacun a le droit de faire ce qu’il veut de soi-même. Utiliser les insultes comme « traînée » ou « garce » est tellement facile, tirer profit d’une rumeur pour cracher sa haine… C’est typiquement la puissance des impuissants. Critiquer et juger quelqu’un pour ses actes, se rapproche de la jalousie, la rage, la stupidité et l’hypocrisie.

Tout ça, c’est la triste réalité. L’image du harcèlement. Les mots peuvent tuer une personne et font parfois même plus mal que les coups. Ce genre d’événement est depuis longtemps et reste encore d’actualité malheureusement. La méchanceté est réelle, et ce harcèlement prend généralement des proportions infâmes. Son sujet est une réalité et elle fait mal, car j’imagine qu’il n’y a pas d’amélioration à ce niveau, beaucoup de personnes continuent de subir toute forme de harcèlement. C’est tellement simple et facile de détruire quelqu’un pour se sentir exister ou se croire meilleur que l’autre.

L’écriture est simple et très jeune, il vise donc très bien son publique autant par sa forme que par son fond. Par contre j’ai trouvé deux ou trois personnages très stéréotypés, très clichés (ce qui n’est pas un mal en soi mais qui donne un sentiment de déjà-vu).

Personnellement, j’ai beaucoup aimé le personnage de Kurt. Contrairement aux autres, il est loin d’être superficiel, il se fiche des autres et des mots qu’ils divulguent. Il est bien au-dessus de tout ça. Et son personnage en lui-même est très attachant et intriguant.

La fin manque un peu de finalité par rapport à certains personnages. Du moins, la fin reste ouverte et laisse à réfléchir. Beaucoup de questions subsistent tout de même.

Très bonne lecture.

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