Dans le désordre de Marion Brunet

 

Titre : Dans le désordre

Auteur : Marion Brunet

Éditeur Sarbacane

Pages : 256

Date de parution : 2016

 

Petite information sur l’auteur/le livre :

Marion Brunet a été rapidement accro à la littérature et s’est mise à écrire. Après des études de Lettres, elle se décide à devenir éducatrice spécialisée et travaille en psychiatrie (hôpital de jour pour jeunes). Elle a par ailleurs reçue plusieurs prix pour ses livres.

 

Esquisse :

Ils sont sept jeunes, sept à se rebiffer contre la société et ses normes imposées.

Jeanne, Basile, Alison, Tonio, Mars, Jules et Lucie. Ces sept jeunes (mise à part Tonio qui est plus âgé) se rencontrent lors d’une manifestation plutôt musclée qui va finir par mal tourner. Les forces de l’ordre vont commencer à attaquer et cette manifestation va se transformer en émeute terrifiante. Dans ce désordre, Basile et Jeanne n’auront besoin que d’un regard pour ressentir des émotions plus fortes que ce qui les entourent. En l’espace de quelques secondes, pendant que le monde court, ils subissent le coup de foudre et espère alors se retrouver, tout en étant au milieu de cette violence et de cette déchéance.

Après avoir placardé des affiches dans la ville, les sept se retrouvent dans un bar. Ils apprennent alors à se connaître et décide alors, tout naturellement, de vivre ensemble. Trouver un logement abandonné et en profiter. Vivre en meute.

Bien qu’au départ les filles n’osent pas réellement aller au squat des autres « anarchistes », elles semblent tout de même intriguées, elles qui vivent dans un cité ressemblant à un clapier. Certes, elles vivent pour peu cher, mais ce mode de vie les rendent malheureuses.

Certains vont changer totalement de mode de vie, abandonner leurs études ou autre. Modifier leur vision des choses, et apprendre ensemble. Car derrière de belles apparences, il peut se cacher une grande misère et une infinie tristesse. Suivre les normes de la société leur semble difficile, ressembler aux autres citoyens qui courent et se tuent la santé pour avoir un peu plus d’argent… Non, ils préfèrent vivre comme ils l’entendent.

Un livre qui se plonge dans la vie des anarchistes, la jeunesse, l’amour et la violence. Un livre qui appel à une forme de liberté et défie les codes.

 

Critique :

Après avoir refermé ce livre relativement court, je me retrouve avec un avis plutôt mitigé.

L’histoire débute très rapidement et ne prend pas de gants sur la forme, les mots ou le fond. L’écriture est parfaitement appropriée aux jeunes lecteur car Marion Brunet a employé un style d’écriture simple, direct, jeune.

Le livre se lance dans une critique de la société et de la justice. Un cri de révolte, le fait de vouloir changer le monde, un besoin de se trouver entre eux et de défier les codes, être hors du moule et hors du monde. Mais à quel prix ? Ces jeunes s’arrangent donc pour avoir une vie marginale tout en profitant tout de même du système. Nous rentrons dans la vie de chacun pour comprendre pourquoi et comment ils se sont décidés à changer radicalement, et nous en apprenons aussi beaucoup sur leur psychologie (ce qui est intéressant à tout point de vue).

Car ces jeunes s’unissent et s’opposent. Ils ont des avis qui divergent sur certains points. Certains ont un avis bien tranché et sont tellement en colère contre le système, qu’ils jugent, critiquent ou se moquent gentillement. Malgré cette soif de liberté, ils peuvent montrer de fortes envies de faire changer la vision de certains, tandis que d’autres accepte. Ils ont tous une histoire à raconter et une pensée bien distincte. Par ailleurs les adultes sont aussi exposés, mais leurs idées beaucoup moins. Ils sont plutôt mis en arrière plan, pour se concentrer sur les jeunes squatteurs.

L’histoire m’a semblé se dérouler trop vite par moment. A peine encrée dans l’histoire, le chapitre se terminait, et j’ai eu l’impression de ne pas réellement entrer dans l’histoire. Du moins, pas entièrement. Pour l’histoire d’amour entre Jeanne et Basile, je n’ai pas vraiment accroché. J’étais plus intriguée par cette vie hors norme que par une histoire romantique.

Le livre dispose d’un rebondissement (un peu prévisible à mon goût), et ça manque parfois de finesse et de fond. J’aurais adoré en apprendre d’avantage sur la vie en elle-même de ses jeunes, surtout dans ce squat. La rapidité m’a mis un sérieux frein… Certes, Marion Brunet a très bien retranscrit cette jeunesse perdue et qui en a assez de n’être qu’une statistique dans la foule, qu’un futur chômeur ou dépressif de plus, mais j’ai eu la sensation survoler simplement l’histoire.

Beaucoup de point sont véridiques, criant de vérité. Il suffit de sortir dehors ou d’allumer sa télé pour s’en rendre compte. Toutefois, je n’ai pas été convaincue par le fait que vivre comme des squatteurs, tout en volant pour survivre soit réellement un signe de révolte ou de liberté, et encore moins que cela changera le monde. Je fais partie de ces gens qui aimerait changer le monde, le rendre meilleur et en paix. Pourtant, une telle vie ne changera pas grand chose en réalité. Se rebeller que ce soit de façon pacifique ou violente ne changera pas la face du monde. La haine ne fait qu’engendrer la haine, et j’avoue que la vie de squatteur est une vie que je comprend vraiment difficilement.

En bref, je n’ai pas été vraiment transporté, je n’ai pas vraiment ressenti la liberté ou l’espoir, mais peut-être que je suis trop fataliste. L’histoire et les personnages sont sympathiques. Ils chambouleront certains lecteurs pour sûr. Un livre que je conseille pour ceux qui recherchent le frisson de la rébellion, ou pour l’histoire d’amour entre deux jeunes anarchistes.

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