Belle de nuit de Sonia Frisco

 

Titre : Belle de nuit

Auteur : Sonia Frisco

Éditeur : Slatkine

Pages : 356

Date de parution : 2017

 

Information sur l’auteur/le livre :

Sonia Frisco est une italienne passionnée d’art et d’écriture. « Belle de Nuit » est une histoire vraie. Les noms des personnages et des lieux ont été changés afin de préserver l’anonymat.

 

Esquisse :

Mia, notre protagoniste principal est une jeune italienne de 24 ans, qui est mariée et tient une boutique de prêt-à-porter « made in Italy« , et l’histoire se déroule en 1997.

Elle ressent l’horrible besoin de changer complètement de vie, cette vie qui ressemble pour elle à une prison. L’ennuie est palpable, elle n’éprouve aucun amour pour son mari, sa famille la débecte, cette vie l’écœure au plus haut point. Alors elle décide de se prendre en main. Elle répond à une annonce et passe un coup de fil qui débouche vers un rendez-vous qui changera sa vie.

Marina est sa meilleure amie, pour ne pas dire son âme jumelle. Et elle sera aussi une protagoniste très importante. Leur vie son similaires, ainsi que leurs déceptions. Elles partagent tout évidemment, et Marina est la première à savoir ce que compte faire son amie Mia. Une chose complètement folle bien que compréhensible.

Lana est celle que Mia rencontre à ce fameux rendez-vous, elle deviendront proche toute les deux. L’emploi qui lui est proposée est une chose qui n’est certainement pas banale. Un métier qui peut être très mal vue, qui peut être dégradant, écœurant, difficile à faire ou à accepter, bref. Une belle de nuit, Mia va s’ouvrir au monde de la nuit, louer son corps aux hommes dans une maison close.

Son besoin de fuir sa famille, son mari et toute sa vie pour pouvoir divorcer, se payer un appartement et obtenir sa liberté, la pousse dans cette voie.

La mère de Mia (Katia) lui a depuis sa plus tendre enfance, transmis une image perverse et laide de la vie. Mia a subit donc toute sorte de sévices tout en se faisant humilier. Habituée à une vie qui semblait ne rien lui promettre, elle a pourtant avancé comme une battante, persévérant malgré tout.

Elle ne laissera plus personne la mettre à terre. Pour son métier de prostituée, elle décide de prendre un faux nom : Camilla. Ce « personnage » lui permettra de faire ses séances sans être trop rebutée. Le premier client qu’elle accueille est pourtant une chance énorme. Un bel homme, tendre et doux nommé Andrew. Un fort sentiment va se déclencher dès les premières secondes, de l’amour très certainement. Malheureusement, le métier en lui-même n’est pas toujours rose.

Mia/Camilla devra endurer toute sorte d’épreuves, dans ce milieu de la nuit. Elle va devoir lutter pour obtenir cette liberté tant convoitée, et qui sait, trouver le réel amour.

 

Critique :

Je remercie chaleureusement Babelio et les Editions Slatkine pour cet ouvrage. Je dois avouer être très contente d’avoir été sélectionnée auprès de Babelio afin d’obtenir ce livre et d’en rédiger une critique, surtout que celui-ci m’a bien plu (bien que je ne suis pas « fleur bleue »).

Ce roman est constitué d’énormément de détails concernant nos protagonistes, les environnements, les ressenties et les émotions. Notre Mia est une femme persévérante qui a connu beaucoup de malheurs et de désillusions au cours de sa triste vie. Mariée trop jeune en espérant aimer et être aimée en retour, elle a subit le retour de flamme d’un mariage raté, constitué d’un mari qui a eu de nombreux flirts, qui s’enlise dans une forme de routine. Pour se venger Mia a elle aussi eu un amant, mais l’a amèrement regretté. De plus, dans une famille comme la sienne, le mariage est une question d’honneur, et le divorce est une forme d’affront et de déshonneur. Les traditions et les bonnes valeurs familiales sont parfois un réel fardeau.

Elle s’est laissée couler dans cette vie un moment, mais sa volonté et son courage sont une force de la nature. Cela démontre à quel point une personne peut changer dans l’espoir d’un changement radical, d’une soif intarissable de liberté. Pour se payer ce luxe, elle doit affronter des tempêtes et se donner les moyens pour y arriver. Parfois les chemins sont brumeux et chaotiques. La preuve en est dans ce roman, pour s’en sortir, elle se laisse aller au métier de la nuit.

Ce métier justement, est un sujet dérangeant, difficile et dangereux. Les détails sont tantôt sensuels, tantôt écœurant par leur vérité. Avec ce livre, nous apprenons qu’exercer un tel métier demande un réel contrôle mental et démonte aussi certains préjugés que certaines personnes pourraient avoir envers le métier en lui-même, ou bien les femmes qui l’exercent. Se mettre à la place de Mia est compliqué. Imaginer devoir se donner à des hommes parfois sales, imbus de leur personne, violents ou pire encore, est à la limite du dégradant. Pourtant, en apprendre autant est réellement intéressant, et les mots employés ainsi que les scènes sont puissantes. Ce qui fait pour moi, la grande force de ce roman.

Le cruel besoin d’argent et de changement pousse certaines dans ce genre de voie, où pour s’en sortir, il faut devenir un dédoublement de soi-même, tout comme Mia prend le personnage de Camilla pour effectuer ses passes, pour s’empêcher de réfléchir et de se poser des questions (ce que la vraie Mia ferait). Mettre son mariage raté, sa famille austère et méchante, les relations conflictuelles, les douleurs de côté. Car la pure réalité, c’est qu’il est difficile de faire ce genre de chose sans être attristée, sans se remettre en question ou être perdue.

En dehors du sujet du monde de la nuit, le sujet le plus présent est celui de l’amour et de l’amitié. Certains passages semblent être trop beau pour être vrai, un peu trop tendre. Pourtant je me suis laissée bercer par les mots. J’ai ressenti que ce livre était vraiment écrit avec le cœur et avec sincérité. Cela aussi rajoute de la force à l’histoire.

Sonia Frisco a une très belle écriture, flirtant avec la poésie, instaurant une bonne dose de métaphore dans ce roman. Il est constitué d’une forme de sensualité bien dirigé, parfois un peu bouleversante (dans le bon sens du terme). C’est rafraîchissant et différent à sa manière. Il y a un léger bémol, j’ai parfois trouvé que le roman traînait en longueur, s’attardant souvent sur la personnalité et le malheur de Mia et Marina, et était parfois quelque répétitif. Certaines pages n’étaient clairement pas nécessaire, mais ce n’est qu’un détail. J’aurais aimer en apprendre encore d’avantage sur certaines personnes qui m’ont personnellement intriguées.

Pour finir, ce fût une très bonne lecture, et surtout un très bel hommage. Ce roman m’a chamboulé, surtout durant les dernières pages.

Je recommande ce livre.

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