Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée de Christiane F.

 

Titre : Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée

Auteurs : Christiane F. Kai Hermann et Horst Rieck

Éditeur : Gallimard

Pages : 352

Date de parution : 1983

 

Petite information sur l’auteur/le livre :

Ce témoignage est paru pour la première fois en 1978. Kai Hermann et Horst Rieck rencontre Christiane Felscherinow à Hambourg, alors qu’elle sortait du tribunal. Les deux journalistes ont alors souhaité l’interroger afin de faire un reportage sur les jeunes sans abris en Allemagne. Ils comptaient interroger Christiane pour seulement deux heures, mais son histoire les a tellement fascinés qu’elle a duré deux mois. A la suite de cette rencontre, ce témoignage a pris la forme d’un livre, et a connu un franc succès.

 

Esquisse :

Christiane habite avec ses deux parents et sa petite sœur en Allemagne. Ses parents prévoient un déménagement et promettent à leurs filles que leur vie sera désormais bien plus confortable qu’avant. Ils prévoient d’ouvrir une agence matrimoniale. Malheureusement, leur projet ne fonctionnera pas, et ils seront obligés de déménager une nouvelle fois, dans la cité Gropius. Une cité où les bâtiments sont gigantesque et d’une saleté affligeante. Christiane et sa famille se retrouvent au onzième étage. Les violences commencent et se succèdent. Christiane vit dans une peur grandissante envers son père, qui use de ses poings et d’un bâton pour la frapper. Le moindre oublie pour les devoirs, ou le fait de faire tomber une goutte de lait lui vaudrait une punition qu’elle n’oublierait pas de sitôt. Ajoutons à ça que son père boit, et n’hésite pas à s’attaquer à la mère des deux petites. Vient alors un jour où la mère décident de prendre les choses en mains, et prend ses filles pour les emmener ailleurs, chez Klaus (son nouveau conjoint).

Après la violence continue, l’isolement social de Christiane prend forme. Elle se sent à côté de tout, tellement différente et souhaiterait appartenir à des groupes comme ceux qu’elle voit à son école ou devant la boîte de nuit « le Sound« . A 13 ans, les événements s’enchaînent, et son souhait commence à se réaliser à l’instant où elle commence à prendre de la drogue. Elle rencontrera par ailleurs son premier amour, Detlev. Un garçon qui comme elle, se drogue et se prostitue dans la station du métro Zoo. Elle rencontrera aussi deux jeunes filles qui deviendront ses meilleures amies, Stella et Babsi.

Ça commence par un joint, puis par des cachets et ensuite, la piqûre. Puis l’inévitable, la prostitution. Ces événements étaient très fréquents durant les années 70, l’héroïne et la prostitution ont fait l’effet d’une bombe.

Christiane sombre à une vitesse folle dans les méandres de la drogues. Il y a aussi d’autres témoignages ajouté au roman, comme ceux de sa propre mère par exemple. Ce livre ne représente pas seulement un témoignage déchirant. Nous en apprenons beaucoup sur la drogue, les répercutions de celle-ci, l’alcool… Mais aussi la détérioration de la société et l’isolement des jeunes.

 

Critique :

Ce livre est un témoignage bouleversant. Les détails relatés sont crus et direct, ce qui rendent la lecture souvent difficile à lire. La jeune Christiane s’exprime sans retenue et n’a pas peur des mots. C’est aussi ce qui fait la force de son roman. Elle parle de façon direct, et ne prend pas de gants. C’est choquant, mais c’est ce qui accroche. De tout façon pour parler de ça, on ne peut pas le faire « en douceur ».

Dans les années 70, la drogue a fait des ravages en Allemagne, et bon nombre de jeunes ont sombré dans ce cercle vicieux sans s’en rendre réellement compte. Les événements s’enchaînent très rapidement, et nous avons la sensation que cette suite logique paraît irréelle. Comment la société a pu laisser des enfants se droguer et se prostituer ? La station du métro Zoo était réputée pour être un lieu de prostitution, surtout pour ceux et celles qui pratiquaient le « baby-tapin », soit des très jeunes comme Christiane et ses amies par exemple.

Cette société qui laisse des enfants à des parents violents, alcoolique et qui ferme clairement les yeux sur un problème grave et qui a touché énormément de gens, et en a poussé beaucoup au suicide ou a l’overdose.
Christiane nous parlera de ses parents, de sa vie misérable, de son besoin de se raccorder à un groupe afin d’avoir une identité, son besoin d’exister auprès d’autres personnes. En voulant se trouver, avoir un but dans la vie, elle en trouvera donc une qui finira par la détruire à petit feu. Oui, Christiane veux vivre. Mais en choisissant le mauvais chemin, elle est souvent à deux doigts de mourir.  Au fur et à mesure que son addiction grandit, elle se trouve à haïr de plus en plus la vie. Elle emploie des paroles fortes tellement elles sont sombres alors que ce n’est qu’une jeune fille.

Accro à l’héroïne, Christiane traversera l’enfer du sevrage. La encore les détails sont présents, et sincèrement ça rebute grandement. Les douleurs, la sensation d’être un moins-que-rien, les tremblements, les rejets bref… Elle nous exprime son envie d’arrêter de se piquer, car l’effet du manque est tout bonnement atroce et transforme quiconque est en manque en zombie souffrant. Malheureusement, cette drogue est très forte et ce manque lui fera plusieurs fois reprendre une seringue.

Un témoignage qui dérangera certaines personnes évidemment, je ne le recommanderai pas à des gens influençables qui penseraient que c’est « cool » de se droguer (car apparemment ce livre à susciter chez certains une forme de curiosité et d’envie… Ils ont dû enregistrer seulement quelques parties du livre pour vouloir faire comme Christiane, soyons honnête).

Un excellent livre (à mettre entre de bonnes mains).

  • Un film a été adapté, portant le même nom, en 1981.
  • En 2013, Christiane a sortie un autre livre se nommant : Moi, Christiane F., la vie malgré tout.

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