Je vous demande le droit de mourir de Vincent Humbert et Frédéric Veille

 

Titre : Je vous demande le droit de mourir

Auteurs : Vincent Humbert et Frédéric Veille

Éditeur : J’ai Lu

Pages : 185

Date de parution : 2004

 

Petite information sur l’auteur/le livre :

Vincent Humbert a été victime d’un accident de la route en 2000. Ce livre a été écrit avec l’aide de Frédéric Veille qui a recueillis ses propos. La parution originale de ce livre date de 2003.

 

Esquisse :

Vincent Humbert a 20 ans lorsqu’il subit un accident de voiture sur une route de campagne. Suite à cela, durant neuf il fût dans le comas. Quand il se réveil, il se retrouve tétraplégique, aveugle et muet. Un accident qui a changé sa vie entière.

Grâce à la volonté de sa mère (Marie) pour qu’il puisse s’exprimer, Vincent arrive après tant d’efforts à bouger son pouce. En récitant l’alphabet, Vincent presse son pouce dans la paume de la main quand il entend la bonne lettre. Peu à peu, laborieusement, ces lettres forment des mots, puis ces mots des phrases.

En 2002, il sollicite le président Chirac, afin de lui demander le droit de mourir dignement. Cette requête abouti malheureusement à un refus cordial. Malgré le fait qu’il soit immobile, Vincent est parfaitement conscient de son état et du chagrin de ses proches, surtout de sa mère qui prend soin de lui. Il n’attend et ne souhaite qu’une chose, se délivrer de son supplice. Mettre fin à cette torture.

Son supplice se termine le 26 septembre 2003, car sa mère ainsi que le corps médical ont décidé de limiter les thérapeutiques actives.

 

Critique :

Il est difficile de critiquer ce livre car son témoignage n’est pas seulement bouleversant mais aussi une remise en cause de nos lois.

J’imagine le temps qu’il a fallu pour retranscrire les paroles de Vincent et en faire un livre. Ces échanges ont dû être fastidieux, mais important pour lui. Son témoignage avait fait beaucoup de bruit à l’époque, et avait même relancé la question de l’euthanasie. Les avis sont mitigés, et le sont encore aujourd’hui. Nous voilà alors spectateur de cette vie qu’il n’a pas voulu, subissant l’humiliation de se faire changer à seulement 20 ans, de rester sans bouger tout en étant conscient. Vincent était tout l’inverse d’un condamné à mort. C’était un condamné à vivre.

Il s’exprime dans ce livre de façon direct et cru, n’ayant pas peur des mots employés. Il nous parle de tout ses regrets, de tout ce qu’il a perdu. Il se sent, et on se sent avec lui, incapable de pouvoir faire avancer les choses. Il était pompier volontaire et désirait devenir professionnel à Paris, il avait une copine qu’il aimait. Malheureusement, il a tout perdu. Il ne lui restait que sa mère qui a tout abandonné pour pouvoir s’occuper de lui. Il se sent comme un fardeau, son corps et son esprit sont prisonniers et il semble qu’on ne peut rien faire pour lui. Il doit subir.

Il prend alors les devant en demandant à  monsieur Chirac le droit de partir dignement, vu que la vie elle, ne lui a pas donné cette chance. Malheureusement pour lui, nos lois empêchent de faire cette pratique. Et ça, Vincent ne comprend pas. Il dit dans son livre que nous piquons les animaux pour qu’ils ne souffrent pas, mais alors pourquoi ne pas faire de même pour les êtres humains ? Beaucoup de personnes pensent que tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. Qu’on ne peut pas donner la mort à quelqu’un. Dans son livre on sent la rage de Vincent face à ce genre de pensées. Car il demande à plusieurs reprises de nous mettre à sa place, et nous demande si nous supporterions de vivre ainsi. Personnellement, j’imagine à quel point il est difficile de vivre dans un état végétatif et ne peut que comprendre son envie d’en finir.

La justice peut-elle vraiment empêcher et refuser le droit à une mort digne ? Pourquoi être obligé à vivre ainsi ? Pourquoi devoir subir ? Est-ce que vous, vous pourriez vivre ainsi ? Voici les questions qu’il nous pousse à se demander. Et il faut avouer que ses arguments sont vraiment puissants.

C’est un témoignage fort et déchirant, qui nous pousse à réfléchir. A l’époque, tout le monde s’est approprié son histoire, sa tragédie. Son visage était dans les journaux ou à la télé. Malgré le fait que son histoire à bouleversé beaucoup de monde, peu de chose ont changé sur la question de l’euthanasie. C’est aussi pour cela que ce livre est difficile à critiquer car donner un avis sur le sujet principal qu’est l’euthanasie, pencherait plutôt vers la politique. Ce qui n’est pas le but d’une critique littéraire.

Un sujet difficilement abordable avec un témoignage réel. Au moins, Vincent Humbert a pu réaliser son souhait et s’en aller le 26 septembre 2003.

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