Virgin Suicides de Jeffrey Eugenides

 

Titre : Virgin Suicides

Auteur : Jeffrey Eugenides

Éditeur : Points

Pages : 256

Date de parution : 2010

 

Petite information sur l’auteur/le livre :

Virgin Suicides est le premier roman de Jeffrey Eugenides. Il est paru une première fois en 1995 (en France), et la parution originale date de 1993. Celui-ci ayant connu un grand succès fut adapté au cinéma par Sofia Coppola en 1999.

 

Esquisse :

Le livre retrace la vie et la tragédie des sœurs Lisbon (Mary, Therese, Bonnie, Lux et Cecilia), vivant dans une petite bourgade du Michigan.

Ces filles, tout comme leur geste, sont un mystères. Elles semblent inaccessibles et incompréhensibles.

Des garçons (qui sont nos narrateurs), les ayant plus ou moins connu tentent, des années après le drame, de comprendre pourquoi les cinq sœurs ont décidé de mettre un terme à leur vie. Tout en utilisant des pièces à conviction et en ravivant leur mémoire, nous pénétrons dans l’univers de ces filles, du moins, des moments de leur (courte) vie.

Cécilia fut la première à se donner la mort en s’ouvrant les poignets. Sauvée in-extremis, Cécilia est suivi par un psychologue puis retourne chez elle. C’est alors qu’elle fait une deuxième tentative. Mais cette fois, elle ne se rate pas. La vie de cette famille bascule alors, et plusieurs journalistes sautent sur l’occasion pour parler du suicide chez les jeunes, leur permettant d’avoir des infos croustillantes, s’appropriant la vie de Cecilia et d’autre jeunes, faisant passer les suicidés pour des « fous », des déconnectés, ce genre d’info qui finira par rendre ce sujet tabou.

Les sœurs Lisbon sont sous une autorité parentale abusive. Leur mère surtout se comporte tel un geôlier, les empêchant de vivre pleinement leur vie de jeune fille.

Interdiction de se maquiller, de sortir, de vivre. Elles sont alors enfermées psychiquement et physiquement, étant étouffées en permanence, se laissant dépérir dans leur maison. Le manque de liberté pousse l’une des sœurs à braver les interdits, vivant en cachette. Les sœurs Lisbon semblent solidaires entre elles, tentant d’avoir l’espoir de pouvoir avoir enfin, une vie normale.

Tellement de pièces à conviction, de souvenirs, de question. Arriveront-ils enfin à comprendre ?

 

Critique :

Un livre bouleversant et douloureux, nous obligeant à faire face à la tragédie.

La vie et l’attitude de ces sœurs sont décrites avec tellement de finesse que même en abordant leurs malheurs, la douleur et la tristesse, on peut y percevoir de la beauté. Oui, de la beauté dans la mort et leurs souffrances.

Le livre nous propose aussi une grande ouverture d’esprit, nous permettant de réfléchir aux causes et aux conséquences qui poussent des adolescents à mettre un terme à leur vie, et au sujet en lui-même. Le suicide est le thème principal, mais pas seulement. L’adolescence, ce qui les entoure, leur façon de vivre, l’amour, la fragilité. Tout ceci est écrit avec justesse. Aborder un thème aussi complexe relève du courage. Ce livre est une véritable réflexion sur le sujet.

Le point de vue utilisé dans ce roman est extérieur, ce qui nous met dans une réelle condition « d’enquête », d’incompréhension et de questionnement, car nous sommes plongés comme de véritables témoins externes de leur suicide. Aucune des filles ne prendra la place de narrateur. A part les garçons qui poursuivent l’enquête, il y a peu de dialogue avec les filles. Mais le livre est composé, grâce aux pièces à conviction, de témoignages de voisins ou de proches, d’appels téléphoniques […]. Notre place est donc dans la total incompréhension de base. Si proche de leur vie et en même temps, tellement éloigné. On ne peux qu’essayer de comprendre, tenter de reconstituer.

Le style d’écriture est relativement simple. Lecture agréable, se composant d’énormément de détails (qui parfois était, à mon goût, superflu).

On peux y percevoir une critique de la petite vie bourgeoise en Amérique, sur l’éducation, sur les personnes qui ferment les yeux ou ne veulent tout simplement pas voir, mais surtout le journalisme qui utilise ces tragédies comme de simples faits divers, s’appropriant et modifiant l’histoire des suicidés, apportant leur propre façon de penser, faisant des statistiques plutôt que de trouver de réelles solutions à ce problème, ce qui est rageant et malheureux et surtout, tellement vrai.

Cette histoire, bousculant le quotidien bien tranquille du peuple, est une poésie, un livre humain perturbant et complexe.

 

  • Pour ajouter un petit mot sur le film, il est rare qu’une adaptation soit autant réussi. Le film est très beau et respecte le livre.

A lire et à voir.

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